De la e-santé à la santé connectée : le livre blanc du CNOM

Pourquoi ce livre blanc ?

Le marché des applications et des objets connectés desanté connait actuellement une croissance exponentielle. Croissance alimentée par un réel engouement pour des services de santé numériques accessibles en tout temps et en tous lieux, amplifiée par l’ingéniosité des concepteurs de solutions et entretenue par les investissements des « big tech ».
Les médecins, comme l’ensemble des professionnels de santé, ne peuvent ignorer ce monde émergent ni vouloir s’en tenir à distance. De la même manière que le CNOM les avait invités à s’approprier les outils du web santé (1), il les engage aujourd’hui à accompagner le déploiement du « monde numérique » appliqué à la santé et à en adopter eux-mêmes les aspects utiles et bénéfiques dans leurs pratiques médicales.
À toutes les époques de l’histoire, les médecins se sont adaptés aux avancées des sciences et des technologies en les intégrant pour améliorer la pratique de leur art.
Il ne s’agit pas pour autant de céder à la fascination technologique au point de méconnaître les menaces qui pourraient en découler sur les libertés individuelles et collectives.
La plupart des acteurs sont aujourd’hui demandeurs d’une régulation – même s’ils n’y mettent pas des exigences similaires – et convaincus que la santé connectée aura peu d’avenir sans un environnement de confiance. D’autres persistent à penser que des pré-requis de régulation sont vains car, selon eux, ce sera « l’intelligence collective » issue des usages qui fera spontanément cette régulation.
Le CNOM, quant à lui, se prononce pour une régulation qui impose d’informer l’usager afin qu’il conserve sa liberté dans ce « monde connecté » et qui assure la fiabilité des technologies et la protection des données personnelles.
Le CNOM observe avec satisfaction que le débat s’est ouvert à la CNIL, dans des cercles de réflexion consacrés au numérique et au sein de la Commission européenne.
Ce livre blanc a vocation à y contribuer. Il n’apporte pas des réponses toutes faites mais il porte les questions éthiques et déontologiques au premier plan dans l’accompagnement des évolutions de nos sociétés et donc dans ce nouveau monde numérique de la santé.
(1) Livre blanc Déontologie sur le web, décembre 2011


Dr Patrick Bouet,
Président du Conseil national
de l’Ordre des médecins

Dr Jacques Lucas,
Vice-président du Conseil
national de l’Ordre des
médecins, Délégué général
aux systèmes d’information

https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf

 

 

La santé connectée vue par un architecte d'intérieur

En 2020, 80 milliards d’objets connectés seront utilisés à travers le monde, dont 60 % concerneront la santé. Une santé connectée, qui permettra une médecine plus personnalisée, prédictive, participative et préventive. 

Toute la chaîne de la santé sera bouleversée : du patient aux hôpitaux, de la médecine ambulatoire à la gestion de la dépendance, de la médecine de ville à la désertification médicale…

Les appli et objets connectés ne deviendront « intelligents » qu’avec le recueil et l’analyse des données de santé. Ces données, sécurisées, n’auront de valeur qu’en les contextualisant, qu’en les transmettant aux professionnels de santé, qu’en les mettant au service de la recherche.

Pour Éric Sebban, la santé connectée peut contribuer à ré-humaniser la relation soignant-patient. Elle bouleversera autant le quotidien de chacun que la pratique des métiers de santé. Mais à ceux qui prétendent que la machine viendra remplacer l’attention experte du soignant pour favoriser l’automédication, l’auteur répond qu’au contraire, le regard analytique et l’intermédiation des praticiens dans le suivi médical seront d’autant plus nécessaires : la santé de demain sera plus proche de chacun, plus précise et donc plus humaine.

http://www.editions-hermann.fr/4695-sante-connectee-demain-tous-medecins.html

Le parcours professionnel d'Eric Sebban est peu commun. Au départ, architecte d'intérieur et ébéniste d'art, il entre dans le monde des objets communicants en 2001 lorsqu'il cherche un solution pour son fils de 9 mois qui présente des convulsions hyperthermiques et dont la seule vue du thermomètre déclenche des crises de larmes. Il imagine un thermomètre infra-rouge, sans contact. Ce sera la naissance de ThermoFlash qui, à 5 cm du corps humain, permet d'obtenir une mesure fiable de la température. Ce sera le départ d'une belle aventure entrepreneuriale avec la création de VISIOMED, aujourd"hui leader européen de la santée connectée.