Il faut tout faire pour que chaque français ait ou conserve un médecin traitant

 

La télémédecine ne doit pas supprimer le médecin traitant de soin primaire. C'est l'honneur de la France d'avoir instauré en 2004 le médecin traitant pour chaque citoyen français. Il s'agit en grande majorité de médecins généralistes dont la spécialité reconnue en 2003 est de coordonner les soins primaires.

Les entreprises de télémédecine (LET) viennent de déposer un projet d'expérimentation d'article 51 visant à assouplir les modalités de remboursement des téléconsultations "pour les patients les plus en difficulté dans leur accès aux soins", alors que "20% des patients n’ont pas de médecin traitant et 16% sont au régime de la CSS" (complémentaire santé solidaire).(https://www.ticsante.com/story.php?story=5342). 

Le LET a ciblé les populations concernées par cette expérimentation de trois ans : les assurés sociaux sans médecin traitant, les assurés sociaux résidant en zone d’intervention prioritaire (ZIP), les assurés sociaux résidant en zone d’action complémentaire (ZAC), les bénéficiaires de la CSS et de l’AME, les assurés sociaux de moins de 16 ans. Existe-t-il aujourd'hui des données qui permettent de confirmer que le besoin de téléconsultation concerne réellement les populations concernées par l'expérimentation ?

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit, en son article 51, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Et ce, dès lors que ces nouvelles organisations contribuent à améliorer le parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou encore la pertinence de la prescription des produits de santé. "Rouvrir les débats sur le remboursement des actes de téléconsultation, mis entre parenthèses pendant l'épidémie de Covid-19", précise le LET dans son dossier. Est-ce véritablement un sujet qui relève d'une expérimentation art.51, laquelle doit "reposer sur des modes de financement inédits" ? 

Téléconsultations pendant la période Covid, quelles leçons en tirer ?

Pour un grand nombre de commentateurs, cette période de confinement due à la Covid-19 a servi d'envol à la télémédecine en France. Cela peut-il être confirmé ?

Il existe des arguments en faveur d'un envol. Le bilan que vient de faire l'Assurance maladie sur la base des remboursements suggère que depuis la fin août 2020 il y aurait environ 150 000 téléconsultations réalisées par semaine

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