Un livre blanc de la SFSD sur le télésoin

 

La Société Française de Santé Digitale vient de publier un livre blanc sur le télésoin pratiqué pendant la pandémie à la Covid-19. A consulter sur le site https://www.sfsd.fr/ 

Six témoignages intéressants sur la période de pandémie à la Covid-19

Chaque témoignage est construit de la même façon : le projet de télésoin et sa mise en oeuvre, les principaux freins rencontrés et les réponses apportées, les changements organisationnels induits par cette nouvelle pratique, enfin un focus sur le métier concerné et ce que le télésoin apporte à ce métier. 

Ces témoignages confirment ce que l'on entend dans les formations DPC à la pratique du télésoin. Comme les médecins, les professionnels de santé autorisés à pratiquer à titre dérogatoire le télésoin pendant la période d'urgence sanitaire (les pharmaciens et 7 professions d'auxiliaire médical, en attendant le décret d'application de la loi Ma santé 2022 (publié le 3 juin 2021) et les arrêtés de mise en oeuvre (après les négociations avec l'assurance maladie), ont eu de grandes difficultés, souvent d'ordre technologique, à mettre en oeuvre cette nouvelle pratique. Comme les professionnels médicaux, ils ont utilisés les moyens privés,non sécurisés, c'est-à-dire le téléphone et les Visio grand public des GAFA. http://www.telemedaction.org/445512961http://www.telemedaction.org/446173613)

Pris par surprise le 16 mars 2020, la plupart des professionnels de santé , médicaux et non médicaux, n'étaient pas préparés ou formés à faire leur métier à distance. Ils se sont débrouillés souvent seuls, rarement aidés par leurs institutions représentatives ou par les ARS et les GRADeS qui n'avaient pas le moyens humains suffisants pour faire face aussi brutalement à une telle demande d'assistance. Pourtant, certains fournisseurs de solutions numériques ont été exemplaires dans l'accompagnement des professionnels, mais la tâche était immense et tous n'ont pu en profiter, même avec les abonnements gratuits qui ont été offerts pendant l'année 2020.

En résumé, les témoignages qui figurent dans ce livre blanc traduisent toutes les difficultés rencontrées sur le terrain pour la mise en oeuvre du télésoin pendant la période d'urgence sanitaire. La France n'était pas prête, sur le plan technologique et culturel, à une application aussi massive des soins à distance. 

Les recommandations de la SFSD

La plupart des recommandations s'inspirent de l'excellent travail réalisé par la HAS et publié le 18 mars 2021, en particulier le rapport d'élaboration de la réponse à la saisine du ministre de la santé, lequel rapporte les discussions que la Haute autorité de santé a eu avec les représentants des 18 professions de santé concernées par le télésoin. Chaque profession concernée par cette nouvelle pratique peut retrouver dans ce rapport de 160 pages ce qu'elle attend du télésoin. (http://www.telemedaction.org/449008518)

La HAS a également élaboré des fiches pratiques sur les critères d'éligibilité et les recommandations de bon usage du télésoin, ces dernières étant reprises dans le livre blanc de la SFSD.

Les professions paramédicales priorisées par le Ségur pour 2021/2022

En accord avec l'assurance maladie, 4 professions d'auxiliaire médical sont prioritaires en 2021/2022 pour l'élaboration des conditions de mise en oeuvre du télésoin à travers les négociations conventionnelles qui préciseront pour les professions libérales les actes pertinents et leur nomenclature dans la NGAP. Il s'agit des infirmiers et infirmières, les masseurs-kinésithérapeutes, les orthoptistes et les orthophonistes. (http://www.telemedaction.org/446986334)

Il faut pouvoir identifier l'activité de télésoin par un acte de remboursement spécifique, comme cela a été fait pour la télémédecine en septembre 2018 (téléconsultation) et en février 2029 (téléexpertise). Malheureusement, l'assurance maladie n'a pu créer cet acte spécifique pendant la période d'urgence sanitaire et lui est impossible de savoir combien d'actes de télésoin ont été réalisés en 2020.

Mon Espace Santé : la plateforme qui manquait pendant la pandémie

A partir du 1er janvier 2022, chaque citoyen et chaque professionnel de santé aura accès à l'Espace Numérique en Santé mis en place par le ministère de la Santé, la DNS, et l'Agence du Numérique en santé (ANS). Le citoyen y trouvera des services numériques pour gérer ses données personnelles de santé (nouveau DMP) et pour correspondre avec les professionnels de santé par messagerie sécurisée (Espace MSS). Le professionnel de santé trouvera au niveau du "store" de la plateforme les solutions numériques qui lui seront utiles pour pratiquer de façon agile et sécurisée la télémédecine et le télésoin. 


10 juillet 2021