La nouvelle feuille de route de la France pourrait-elle s'inspirer des réussites d'autres États Européens ?

Lors de la matinée de clôture des Assises de la Télémédecine, le lundi 26 janvier 2026, l'Assurance maladie a présenté un tableau résumant les modalités de recours à la téléconsultation dans cinq pays européens : Allemagne, France, Royaume-Uni, Espagne, Danemark. Comme l'a dit l'intervenant, le recours à la téléconsultation en Visio est variable d'un pays à l'autre, et les moyens numériques de réaliser un soin distanciel sont multiples selon les pays. Faut-il vraiment résumer l'engagement des pays dans la télémédecine au taux de recours à la téléconsultation ?











Les systèmes de santé européens sont différents, mais les besoins en santé sont identiques.


Les systèmes de santé allemand et français se ressemblaient il y a 30 ans. Il s'agissait de systèmes de santé bismarckiens, c'est à dire caractérisés par une assurance sociale obligatoire financée par le travail, les cotisations sociales étant prélevées sur le salaire brut des salariés.Alors que l'Allemagne reste attachée au système bismarckien,le système de santé français devient progressivement mixte,encore bismarckien mais de plus en plus beveridgien, car la part de l'impôt dédié à la santé progresse régulièrement depuis 30 ans.


Le système bismarckien offre une protection sociale solidaire et adaptée au statut professionnel, mais il présente des défis liés à sa complexité et à sa dépendance au marché du travail. Un plein emploi est nécessaire pour qu'il couvre le plus grand nombre de citoyens. A contrario, le système beveridgien offre un droit universel à la santé accordé à tout résident, sans condition d'activité, ni de cotisation préalable.

En France, les deux impôts qui financent le système de santé sont la contribution sociale généralisée (CSG), prélevée sur la plupart des revenus (salaires, revenus du patrimoine, etc.), et la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS), prélèvement de 0,5% sur de nombreux revenus et destiné à amortir la dette sociale liée aux dépenses sociales passées. En clair, avec la baisse de la population active au travail et la persistance d'un chômage important, le système bismarckien, créé par les ordonnances de 1945, est devenu insuffisant pour financer seul notre système de santé. Il a fallu adopter progressivement le système beveridgien, lequel a été choisi par la plupart des pays européens depuis 1941.

Le Royaume-Uni, l'Espagne et le Danemark et de nombreux autres pays de l'Union européenne (Suède, Norvège, Finlande, Italie, Estonie, etc.) ont choisi le système beveridgien.Sa gestion est pilotée par l’État avec un service national de santé. Les hôpitaux sont majoritairement publics et les médecins sont sous contrat ou salariés. Celui-ci est-il plus performant pour accompagner l'innovation en santé ?

Qu'ils soient bismarckiens ou beveridgiens, les systèmes de santé dans le monde sont confrontés aux mêmes besoins d'amélioration de l'accès aux soins pour les personnes vulnérables, isolées, handicapées, atteintes de maladies chroniques liées au vieillissement, etc.Dans sa nouvelle feuille de route présentée lors de la clôture des Assises de la télémédecine, la France pourrait-elle s'inspirer des succès obtenus par certains pays européens ?


Comment s'est développée la télémédecine en Europe occidentale depuis plus de 25 ans ?


Allemagne.

Jusqu'en mai 2018, la télémédecine était peu développée, autorisée seulement de manière complémentaire à un contact physique, en raison d'une interdiction stricte de la téléconsultation par les ordres des médecins allemands. Cette interdiction fut levée au niveau fédéral via un amendement approuvé lors de l'assemblée des ordres des médecins en mai 2018 à Erfurt, permettant un "traitement médical délocalisé par communication numérique". Un projet pilote débuté dès 2016 dans le Bade-Wurtemberg, marquait une dynamique régionale avant la réforme fédérale de 2018. Cette évolution a accéléré l'adoption de la télémédecine, avec un soutien des assurances maladie. La téléconsultation, quasiment inexistante en 2019 (358) explosa en 2020 lors de la pandémie (709000) et culminait en 2021 (956000). Son taux d'usage fut variable selon les régions. La téléconsultation a chuté de 40% après la pandémie et représente, en 2024, 0,5% de l'ensemble des consultations. Les Landers les plus avancés en télémédecine sont le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Toutefois, comme en France, certains Landers développèrent des projets pilotes, essentiellement à l'initiative des hôpitaux publics, avant 2018. La Rhénanie-du-Nord-Westphalie développa le télésuivi du diabète et des maladies cardiaques. La Bavière est devenue une référence avec le projet TEMPiS pour le téléAVC depuis les années 2000, projet auquel a participé le CHU de Besançon. En 2015, ce Land met en place Teleclinic, une plateforme privée de téléconsultations par vidéo. La Saxe a un vaste programme depuis 2015 pour le suivi post-AVC et de l'insuffisance cardiaque chronique, totalement financé par le Land. Berlin se distingue par des projets hospitaliers (STEMO) pour les urgences préhospitalières. Le projet est piloté par le réputé centre hospitalier la Charité.


France.

Alors qu'elle est légale depuis 2009 et réglementée depuis le 19 octobre 2010, la télémédecine s'est développée essentiellement dans les hôpitaux publics jusqu'en 2018, financée directement par le ministère de la Santé à travers des budgets dédiés (FIR) dont la gestion fut confiée aux ARS. C'est seulement, à partir du 15 septembre 2018 que la télémédecine se développa dans le secteur libéral avec le financement dans le droit commun de la Sécurité sociale de la téléconsultation, puis de la téléexpertise (11 février 2019) et plus récemment de la télésurveillance médicale (1er juillet 2023), cette dernière pratique s'inspirant des résultats de l'étude médico-économique ÉTAPES (https://www.telemedaction.org/422016875/432585384).

Point commun avec l'Allemagne : la réticence de nombreux professionnels médicaux libéraux à adopter cette pratique de soin à distance. La pandémie Covid19 fut marquée par un développement rapide des pratiques distancielles (20 millions de téléconsultations en 2020 après seulement 60000 en 2019), suivi d'une nette diminution dans la période post pandémique (13 millions de téléconsultations en 2024, soit 3% du nombre total des consultations médicales remboursées par l'Assurance maladie. Cependant, la France a développé 20 fois plus de téléconsultations que l'Allemagne pendant la pandémie, et conserve en post pandémie un taux d'usage de la téléconsultation 6 fois plus élevé que notre voisin.

Comme en Allemagne, de nombreux projets pilotes hospitaliers se sont développés depuis le début des années 2000, que nous avons rapportés dans plusieurs posts sur notre blog : https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/t-l-surveillance-de-l-insuffisance-cardiaque-exp-riences-pionni-res, https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/le-t-l-avc-tat-des-lieux, https://www.telemedaction.org/432098221/432585208,


Royaume-Uni

Le Royaume-Uni est parmi les pionniers de la télémédecine en Europe. Dès les années 2000, le NHS (National Health Service) a lancé NHS Direct, un service téléphonique de NHS Digital dans les années 2010, qui a introduit les consultations par vidéo et les prescriptions électroniques. Le "GP at Hand" (médecin généraliste à portée de main), lancé en 2017 par Babylon Health en partenariat avec le NHS, a marqué un tournant en proposant des téléconsultations à la demande.

La pandémie de COVID-19 a transformé radicalement le paysage : en mars 2020, les consultations à distance sont passées de moins de 5% à plus de 70% de toutes les consultations de médecine générale. Le NHS a rapidement déployé des plateformes comme AccuRx et Attend Anywhere pour faciliter ces échanges. Aujourd'hui, le NHS App permet aux patients d'accéder à leurs dossiers médicaux, de commander des ordonnances et de réserver des rendez-vous en ligne, avec plus de 30 millions d'utilisateurs enregistrés.

Le NHS a lancé en 2007 une grande étude médico-économique de télésurveillance médicale et sociale des maladies chroniques par les médecins généralistes : "Whole System Demonstrator Study".  Les résultats furent mitigés, mais très bien analysés dans plusieurs publications scientifiques entre 2010 et 2016. En particulier les auteurs de l'étude suggéraient au NHS de mieux former les médecins généralistes à la télémédecine avant de lancer de nouvelles études. https://www.telemedaction.org/423570493/429367907


Espagne

L'Espagne a développé la télémédecine de manière décentralisée, chaque communauté autonome ayant son propre système. L'Andalousie a été particulièrement innovante avec son programme Dirayadès 2003, créant un dossier médical électronique unique. La Catalogne a lancé eConsulta en 2012, permettant aux patients de communiquer avec leur médecin par messagerie sécurisée. Le Pays basque a développé Osarean, une plateforme intégrée de télémédecine considérée comme l'une des plus avancées d'Europe. Au niveau national, le projet Historia Clínica Digital del Sistema Nacional de Salud, visant à interconnecter les systèmes régionaux, a obtenu des résultats mitigés en raison de la fragmentation administrative.

La COVID-19 a également accéléré l'adoption de la télémédecine : des services comme Salud Responde en Andalousie ou el meu metge (mon médecin) en Catalogne ont connu une croissance exponentielle. En 2020, plus de 40% des consultations en soins primaires se faisaient à distance dans certaines régions. Contrairement à la France, le taux de téléconsultations est resté élevé après la pandémie, autour de 30 à 35% des consultations médicales en 2024. L'Espagne a aussi développé des programmes spécifiques de télésurveillance pour les maladies chroniques, particulièrement pour le diabète et l'insuffisance cardiaque, avec des résultats en termes de réduction des hospitalisations.


Danemark

Le Danemark est souvent considéré comme le leader européen en matière de santé numérique. Dès les années 1990, le pays a investi massivement dans l'infrastructure numérique avec le système MedCom pour les communications entre professionnels de santé. En 2003, le Danemark a lancé un portail national de santé qui permet aux citoyens d'accéder à leurs données médicales, de renouveler leurs ordonnances et de communiquer avec les professionnels de santé. Ce portail est utilisé par plus de 90% de la population adulte. Le système danois repose sur l'identifiant unique MitID, qui permet une authentification sécurisée et une intégration complète des services. Cette infrastructure a facilité le déploiement de services de téléconsultation dès les années 2010.https://www.telemedaction.org/439245281/452633210,https://www.telemedaction.org/422783742/422886029?t=1769686366852.

Le Danemark maintient environ 26% de téléconsultations en 2023, même si les téléconsultations par personne ont légèrement baissé de 2 à 1,7 . Cette diminution reflète une normalisation prudente basée sur la qualité clinique, l'équité et l'adéquation plutôt qu'un rejet du modèle, le pays ayant déjà une tradition bien établie de téléconsultations avant la pandémie.

Le programme TeleCare North a été un projet pilote majeur (2011-2015) pour la télésurveillance des patients atteints de maladies chroniques (maladies respiratoires en particulier), démontrant des réductions significatives des admissions hospitalières. Contrairement à d'autres pays, la pandémie n'a pas représenté une rupture majeure pour le Danemark, car l'infrastructure était déjà en place. Le pays a simplement élargi l'accès aux téléconsultations par vidéo déjà bien établies.https://www.telemedaction.org/422885857/telemedecine-71


Autres pays du Nord et du Sud de l'Europe


La Suède est l'un des leaders européens en télémédecine. Le pays a investi massivement dans la digitalisation de son système de santé  avec des plateformes comme "1177 Vårdguiden" qui offrent des téléconsultations par vidéo et des conseils médicaux en ligne. Les services de téléconsultation se sont particulièrement développés dans les régions rurales du nord du pays. Des entreprises privées, comme Kry/Livi,connaissent un grand succès. Livi est installé en France.

La pandémie a provoqué une explosion de l'utilisation des services existants. Les téléconsultations via des plateformes comme Kry ont augmenté de 300-400% entre 2019 et 2020. Le gouvernement a rapidement adapté la réglementation pour faciliter les remboursements des téléconsultations. Ce qui était déjà une pratique courante est devenu la norme pour les téléconsultations non-urgentes. La Suède a pu s'appuyer sur son infrastructure déjà solide, ce qui a limité les perturbations pendant la pandémie. Ce pays maintient environ 25% de téléconsultations en 2023, se positionnant parmi les leaders européens. Cela signifie qu'une consultation sur quatre se fait désormais par télémédecine, un niveau remarquablement élevé et stable.


La Finlande mise sur l'intégration numérique avec son système "Kanta" qui centralise les dossiers médicaux électroniques. Le pays a développé une infrastructure solide pour la télémédecine, particulièrement utile pour desservir les populations dispersées. Les téléconsultations sont bien intégrées dans le système de santé public.

Au moment de la pandémie, ce pays a connu une adoption massive et rapide des  téléconsultations. Elles sont passées d'environ 5% des consultations totales avant la pandémie à plus de 50% pendant les pics. Le système Kanta a permis une transition fluide. Le pays a également développé des solutions pour le suivi à distance des patients COVID-19 à domicile, réduisant la pression hospitalière. Les téléconsultations ne représentent plus en 2023 que 7% du total des consultations en Finlande, un taux relativement bas comparé aux autres pays nordiques qui maintiennent un taux de 25 à 30%.


La Norvège utilise activement la télémédecine pour ses défis géographiques, notamment pour les communautés isolées du Grand Nord avec l'Université de télémédecine de Tromsö créée en 1995. Le système de santé public propose des téléconsultations par vidéo et le gouvernement a investi dans des solutions de télésurveillance pour les patients chroniques et les personnes âgées. De nombreuses études sont réalisées, notamment dans le cadre du projet européen Renewing Health.httpswww.telemedaction.org/423570493/429367907.

La Norvège a vu les téléconsultations par vidéo multipliées par 10 durant la pandémie. Le gouvernement a suspendu temporairement certaines restrictions réglementaires et élargi les types de consultations éligibles au remboursement. Les services de santé mentale en ligne ont particulièrement progressé pour répondre à la détresse psychologique liée à l'isolement.

En 2023, la Norvège affiche 21% de téléconsultations par vidéo et le nombre de téléconsultations par personne est passé de 0,1 en 2019 à 0,7, soit une multiplication par sept qui témoigne d'une adoption durable et significative.


Les Pays-Bas ont rapidement adopté la télémédecine, surtout depuis la pandémie. Le pays dispose d'une excellente infrastructure numérique et les médecins généralistes utilisent couramment les téléconsultations par vidéo.

L'impact de la pandémie a été spectaculaire : les téléconsultations sont passées de 1-2% avant mars 2020 à environ 40% durant le confinement. Les médecins généralistes, initialement réticents, ont massivement adopté la téléconsultation par nécessité. Le gouvernement a assoupli les règles de remboursement et investi dans la formation des professionnels.

Les Pays-Bas montrent une adoption différente de celle espérée après les pics pandémiques. Bien que le pays ait connu une explosion des téléconsultations par vidéo pendant le confinement, les données actuelles suggèrent une stabilisation à des niveaux plus modestes.La pénétration des services de téléconsultation en ligne reste relativement faible avec environ 3,37% en 2024, comparable au taux de la France, ce qui indique que la télémédecine reste un complément plutôt qu'une alternative majeure aux consultations en présentiel.


L'Italie présente un développement plus hétérogène de la télémédecine selon les régions. Le nord du pays (Lombardie, Émilie-Romagne) est plus avancé que le sud.

La pandémie a accéléré l'adoption avec des investissements significatifs prévus dans le cadre du plan de relance européen. Des projets pilotes existent pour la télé cardiologie et le télé-monitoring des maladies chroniques. La pandémie a frappé l'Italie particulièrement durement et tôt, créant un choc qui a forcé une transformation rapide. Le pays est passé d'un système très centré sur les consultations en présentiel à une adoption massive de la télémédecine. Des régions comme la Lombardie, submergées par les cas COVID, ont déployé en urgence des plateformes de téléconsultation et de télésurveillance. Le gouvernement a temporairement levé de nombreuses barrières réglementaires. Les hôpitaux ont mis en place des systèmes de suivi à distance pour les patients COVID-19 non-hospitalisés.

Les téléconsultations ont augmenté de pratiquement zéro à 20-30% des consultations dans certaines régions. Cependant, l'adoption de la téléconsultation est restée inégale entre le nord et le sud du pays, reflétant les disparités existantes en infrastructure numérique.


Le Portugal a fait des progrès notables avec sa plateforme"SNS 24" qui offre des conseils médicaux téléphoniques et digitaux. Le pays développe activement ses capacités de téléconsultation, notamment dans les régions intérieures moins peuplées. Le gouvernement a défini la télémédecine comme une priorité stratégique pour moderniser son système de santé.

Pendant la pandémie, la plateforme SNS 24 a vu son utilisation exploser, avec des millions d'appels supplémentaires. Le pays a rapidement déployé des téléconsultations par vidéo dans le système public de santé, mis en place des prescriptions électroniques généralisées, développé des applications de suivi des symptômes COVID-19 (comme Covidom en France). Les téléconsultations sont passées d'une pratique marginale avant la pandémie à environ 15-20% des consultations médicales en 2024. Le gouvernement portugais a profité de cette impulsion pour accélérer sa stratégie de digitalisation de la santé avec des investissements importants.


Conclusions : quels enseignements tirer des expériences européennes pour la nouvelle feuille de route française ?


Un premier constat est que la pandémie a véritablement été un booster de développement de la télémédecine et plus généralement des soins distanciels (téléconsultation, télésurveillance médicale). Le maintien d'un usage de la téléconsultation dans la post pandémie n'est pas homogène et des pays comme l'Allemagne, la France, la Finlande, les Pays-Bas, l'Italie restent prudents avec une nette diminution de ces pratiques distancielles alors que la plupart des pays du Nord de l'Europe ainsi que certains pays du Sud (Espagne, Portugal) ont profité de cette pandémie pour transformer leur système de santé.

Un deuxième constat est que les leaders européens en télémédecine sont ceux qui ont adopté bien avant la pandémie le virage du numérique en santé avec des infrastructures robustes sur lesquelles ils se sont appuyés pour faire face à la période pandémique. Il y avait souvent une adhésion des professionnels de santé avant la pandémie, comme par exemple au Danemark ou en Norvège, elle s'est maintenue après. La France ne disposait pas en 2020 d'infrastructures numériques fiables et les professionnels de santé n'avaient pas été formés à ces nouvelles pratiques.

Un troisième constat est la mise en place dans les pays nordiques de plateformes numériques qu'utilisent à la fois les patients et les professionnels de santé pour réaliser les téléconsultations et le suivi du dossier médical électronique. La France est dans cette dynamique depuis la réalisation en 2022 d'un espace numérique en santé pour chaque citoyen(Mon Espace Santé) et le projet de réaliser dans le programme 2023-2027 de la Délégation du Numérique en Santé (DNS) un espace numérique en santé pour les professionnels de santé, leur permettant de réaliser facilement des téléconsultations, téléexpertises et télésuivi des maladies chroniques. C'est probablement par cette nouvelle avancée de l'écosystème public, promise par le ministère de la Santé dès 2019, que les pratiques distancielles pourront être simplifiées et confortées.https://www.telemedaction.org/422021881/449536030

Comme dans de nombreux pays "bévéridgiens", les hôpitaux publics ont un rôle à jouer pour développer "massivement" la télémédecine, notamment la téléexpertise et la télésurveillance médicale. Des expérimentations de plateformes numériques régionales "multiusages" (télésurveillance médicale, téléexpertise, téléconsultation) comme celle expérimentée au CHU de Bordeaux avec l'accompagnement de l'ANAP devraient contribuer à la mise en place de cette médecine hybride du 21ème siècle.https://www.linkedin.com/pulse/plateforme-de-t%C3%A9l%C3%A9surveillance-m%C3%A9dicale-la-pathologie-pierre-simon-r0fje/?trackingId=6mmVzxIHEON4b3hT3LlSLg%3D%3D,https://www.telemedaction.org/les-objectifs-des-assises/m-decine-hybride?t=1769696508585.

Enfin, précisons que cette transformation numérique des systèmes de santé dans les pays du Nord de l'Europe et au Royaume-Uni est associée à des pourcentages du PIB consacrés à la santé( 9 à 10%) nettement inférieurs à ceux de l'Allemagne et de la France (respectivement 12, 5 et 11,5% en 2024). Ce qui suggère que l'efficience des systèmes de santé qui ont développé la télémédecine est bien réelle, comme l'ont montrée les récentes études scientifiques. Determinants of the Cost-Effectiveness of Telemedicine: Systematic Screening and Quantitative Analysis of the Literature.Bell-Aldeghi R, Gibrat B, Rapp T, Chauvin P, Guern ML, Billaudeau N, Ould-Kaci K, Sevilla-Dedieu C.Telemed J E Health. 2023 Jul;29(7):1078-1087. doi: 10.1089/tmj.2022.0161. Epub 2022 Dec 9.PMID: 36493368 Review.


29 janvier 2026