Le CNOM termine sa campagne de promotion du métier de médecin en Bretagne

On le savait déjà. Le Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) est engagé depuis plusieurs années dans l'accompagnement des médecins intéressés par les nouvelles technologies de l'information et de la communication et par la télémédecine (voir sur ce site les livres publiés par le CNOM). Le vice-Président en charge des systèmes d'information de santé, le Dr Jacques Lucas, oeuvre inlassablement sur tous ces sujets depuis 2009.

Aujourd'hui, le CNOM veut aller encore plus loin. Avec son dynamique président, le Dr Patrick Bouet,  il a lancé un vaste chantier de rénovation de la profession médicale.

Le premier axe est une campagne d'information à destination du grand public, centrée sur les valeurs du métier de médecin. Elle est diffusée, depuis plusieurs semaines, sous forme de films TV et internet, dans les principaux medias de la presse grand public. Le titre de cette communication « médecin, notre engagement c’est pour la vie » veut rappeler les valeurs essentielles de ce métier difficile. Le président du Cnom, déplore qu' « on tente de banaliser un métier qui n’est pas banal ». Cette campagne arrive à point nommé pour répondre aux interrogations de certains industriels de la santé numérique qui ont du mal à comprendre les réserves du corps médical dans l'usage des objets connectés de santé et des applications mobiles sur smartphone. Nous avons essayé à plusieurs reprises, sur ce site, d'expliquer les raisons actuelles d'une telle réserve (lire ou relire certains "articles de fond").

Le deuxième axe de cette campagne est la volonté de l'instance nationale de se rendre sur le terrain pour y rencontrer les conseillers ordinaux départementaux et régionaux et les médecins, qu'ils soient du secteur privé ou public. La journée du 12 décembre, à la Faculté de médecine de Rennes, a réuni plusieurs centaines de médecins des régions Bretagne, Basse-Normandie et Pays de Loire. Le président Bouet et son équipe nationale ont été clairs et précis sur la détermination actuelle de l'instance nationale à faire évoluer les pratiques professionnelles, tout en demeurant ferme sur les valeurs essentielles du métier de médecin (indépendance de l'exercice professionnelle, confidentialité des données personnelles en santé, notamment). A une période où la nouvelle loi de modernisation de la santé, portée par les pouvoirs publics, peut bousculer un certain nombre de ces valeurs, il était important que les médecins de terrain entendent leur président affirmer son ouverture aux évolutions de la société sans que celles-ci modifient les valeurs professionnelles essentielles. Ce discours de clarté a valu au président du CNOM plusieurs "standing ovation" lors de son périple en France. 

Le CNOM multiplie également les rencontres avec les institutions ministérielles, les agences régionales de santé, les syndicats médicaux.

Le troisième axe est une vaste consultation par internet auprès des 280 000 médecins inscrits à l'orde. Les résultats de ce sondage, sans précédent, seront connus le 17 décembre. On sait déjà que le taux de réponses dépasse les attentes des sondeurs. Le CNOM a décidé d'être ouvert à toutes les propositions des acteurs du terrain pour faire évoluer les pratiques professionnelles en adaptant, si nécessaire, le code de déontologie médicale dont la dernière version validée en Conseil d'Etat date de 1995.

Le quatrième axe est un sondage auprès de 4000 usagers. Ce sera ainsi le sondage en miroir de l'enquête auprès des médecins. Il est important aujourd'hui de mieux connaitre l'évolution sociétale et les attentes des patients. De nombreus sondages antérieurs, réalisés par des instituts, souvent à la demande des industriels du numérique, ont montré que certaines pratiques professionnelles pourraient évoluer pour s'adapter à une société "de l'immediateté".

Ainsi, le CNOM sera en mesure d'annoncer le 26 janvier 2016 ses propositions pour une réforme partagée du système de santé français. L'institution nationale sera alors prête à agir pour que les décrets d'application de la loi, très impopulaire auprès des médecins, ainsi que les futurs arrétés et circulaires, prennent en considération les propositions qui sortiront de cette vaste campagne. 

Le CNOM et son président pratiquent résolument la démocratie sanitaire.