Quatre tables rondes consacrées à la télémédecine lors d'Hôpital Expo 2017

Le thème de la télémédecine aura une large place lors d'Hôpital Expo 2017 (16-18 mai) : pas moins de 4 tables rondes lui seront consacrées. La FHF et la SFT-Antel mettent ainsi en oeuvre le partenariat qu'ils ont signé le 16 novembre 2016 et la mission télémédecine de la FHF, lancée en juillet 2016, participera activement à tous les débats. 

Ces 4 tables rondes vont couvrir les grands thèmes suivants : les questions éthiques posées par la télémédecine exercée en structures médico-sociales, la coopération pluriprofessionnelle structurée par la télémédecine au sein des GHT et la télémédecine sans frontières illustrée le mardi 16 mai après-midi (salle Concerto) par les expériences de trois pays africains francophones (Sénégal, Côte d'Ivoire et Tunisie) et le jeudi matin 18 mai (salle concerto) par celles des territoires et départements d'Outre-mer (Polynésie, Saint-Pierre et Miquelon, Guadeloupe et St Martin, la Réunion et Mayotte).

C'est un moment exceptionnel, car la plupart de ces sujets sont rarement abordés au sein de l'hexagone. La métropole pourrait en tirer quelques leçons.

Pourquoi avoir choisi ces thèmes ?

Une 1ère table ronde consacrée à "l'éthique de la télémédecine dans les structures médico-sociales, Ehpad et autres". Ce sujet majeur sera abordé le mardi 16 mai après midi de 14h30 à 15h30 (salle Concerto).

Ces structures bénéficient aujourd'hui de programmes prioritaires de financement de la télémédecine par l"Assurance maladie obligatoire (AMO). Elles développent de nouvelles organisations qui intègrent les différentes pratiques de télémédecine, dont la téléconsultation. Les personnes qui en bénéficient peuvent être handicapées physiquement ou psychiquement. La téléconsultation leur permet d'éviter certains déplacements difficiles au plan humain vers les médecins traitants ou les médecins correspondants spécialistes. En quelque sorte, avec la télémédecine, on peut s'acheminer vers une prise en charge médicale totalement virtuelle, la personne handicapée ne rencontrant le médecin en face à face qu'exceptionellement, notamment lors d'hospitalisations.

Les grands principes éthiques sont sollicités pour expliquer ce nouveau mode de prise en charge médicale : le principe de bienveillance qui protège la personne handicapée afin d'assurer son bien-être, le principe de non-malfaisance  qui vise à respecter les principes de précaution et d'intégrité de la vie privée, par exemple se pose la question de montrer ou non à l'écran une personne avec des troubles cognitifs (respect du droit à l'image), voire de réaliser un film des comportements anormaux d'une personne dont le handicap cognitif ne lui permet pas de donner son consentement au neurologue ou psychiatre qui verra ce film ? Le principe de justice qui assure à toute personne une équité dans l'accès aux soins, le principe d'autonomie, c'est à dire la possibilité donnée à toute personne d'exprimer sa volonté et de consentir aux soins (art. 16-3 du Code civil). Quid des personnes qui sont dans l'incapacité cognitive de donner ce consentement ?

Une 2ème table ronde sera consacrée à "la télémédecine sans frontières" avec comme focus "l'état des lieux des actions en Afrique pour l'amélioration de l'accès aux soins et à l'expertise spécialisée" (mardi 16 mai après midi de 15h30 à 17h salle Concerto).

Les participants du Sénégal, de la Côte d'Ivoire et de la Tunisie seront présents en visioconférence. La télémédecine va structurer les évolutions des systèmes de soins de ces pays en développement. Les priorités sanitaires ne sont pas celles des pays développés, et il y a des leçons à tirer, car ces pays doivent améliorer prioritairement l'accès aux soins des populations isolées, notamment pour faire baisser la mortalité maternelle et infantile à la naissance, avec des moyens d'accès aux réseaux numériques encore limitès car trop coûteux. Le service du téléECG assuré par le CHU de Bouaké en Côte d'Ivoire est un modèle de réussite avec des moyens limités.  Des modèles économiques pérennes doivent être trouvés. Les priorités sont données au système d'information médicale (dossier médical unique). Les outils de la santé mobile (smartphone, tablette) sont mieux adaptés à leurs besoins que les solutions traditionnelles de télémédecine. Enfin, la coopération avec la France et d'autres pays européens est nécessaire. Nous avons en France des plateformes de télémédecine sous-utilisées.  Ne pourrait-on pas les ouvrir aux pays africains de la francophonie, notamment pour la téléexpertise spécialisée qui fait cruellement défaut à ces pays où le nombre de spécialistes est faible ? C'est ce que permet aujourd'hui "la télémédecine sans frontières".

La 3ème table ronde se tiendra le jeudi matin 18 mai de 9h30 à 10h30 (salle Concerto). Elle abordera "les coopérations pluri-disciplinaires en télémédecine au sein des GHT : quels rôles doivent jouer les établissements du GHT ?"

On ne reviendra plus en arrière. Les quelques 1000 établissements publics de santé (EPS) sont désormais regroupés, depuis le 1er juillet 2016, au sein de 135 Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT). Il est évident que cette nouvelle organisation hospitalière va bousculer à terme les organisations médicales et radicalement changer les parcours de soin des patients au sein d'un territoire de santé. 

Ce parcours sera de plus en plus "gradué", c'est à dire qu'il assurera "le juste soin au bon endroit et au juste prix". Comme l'a très bien montré le rapport Hubert/Martineau (voir sur ce site le billet "GHT-TLM" dans la rubrique "On en parle"), la télémédecine peut structurer les filières de soin des "projets médicaux partagés" (PMP) entre les établissements d'un GHT.

En fait, la télémédecine est à la fois souhaitée et crainte par les directions des EPS. Elle est souhaitée, car nul ne conteste qu'elle est nécessaire pour réaliser l'objectif du "juste soin au bon endroit", grâce au développement de téléconsultations et de téléexpertises avec les spécialistes des établissements recours du GHT. Elle est aussi crainte parce que le modèle économique de la télémédecine au sein des GHT n'est pas encore stabilisé, notamment pour les patients hospitalisés dans les établissements de proximité. La FHF a tout fait pour que le financement de la télémédecine au sein des GHT fasse partie de la LFSS 2017 ( voir sur ce site le billet "le souffle FHF" dans la rubrique "On en parle"). Mais ce n'est que partie remise et il faut espérer que ce financement soit acté dans la future LFSS 2018 et que le tout "T2A" soit revu. Nul ne conteste que la télémédecine est le moyen incontournable pour améliorer les coopérations pluri-professionnelles dans les filières de soins de PMP

La 4ème et dernière table ronde consacrée à la télémédecine aura pour thème " la télémédecine, levier de transformation d'une offre hospitalière innovante, graduée et accessible pour tous " dans les territoires et départements d'Outre-mer. Elle se tiendra le jeudi 18 mai de 10h30 à 12h30 à la salle Concerto.

Toujours dans l'esprit de la "télémédecine sans frontières", seront abordés au cours de cette table ronde les apports considérables de la télémédecine pour améliorer l'accès aux soins dans les régions françaises isolées de l'Outre-mer. Participeront à cette table ronde, en visioconférence, le Centre Hospitalier François Dunan de l'Archipel Saint-Pierre et Miquelon, le CHU de la Réunion et CH de Mayotte, le CH territorial de Polynésie, le CHU de Pointe à Pitre en Guadeloupe et le CH de St Martin. Les présentations de l'Outre-mer montreront comment les moyens de télémédecine peuvent améliorer les prises en charges de patients insuffisants rénaux traités par dialyse, de patients traités par chimiothérapie pour un cancer, de patients atteint d'AVC, de patients atteints d'insuffisance cardiaque chronique, etc. La possibilité d'avoir une interprétation spécialisée à distance de l'imagerie radiologique est un formidable atout pour ces régions.

A l'évidence, la télémédecine sans frontières peut rationaliser les parcours de soins des populations isolées de l'Outre-mer, mieux gérer les indications des EVASANs par des téléexpertises/téléconsultations préalables, en bref, assurer une assistance médicale de qualité aux populations isolées dont les pertes de chance sont indéniables.

Aller vite vous inscrire à ces tables rondes du mardi 16 et du jeudi 18 pour débattre de tous ces thèmes avec un panel de spécialistes réconnus.

 

 

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