Le e-patient, témoin et acteur du prochain Congrès de la Société Française de Télémédecine

J-20 pour le 11ème congrès de la Société Française de Télémédecine qui se tiendra à Paris les 6 et 7 décembre 2018 à la Maison Internationale (17 Boulevard Jourdan 75014).

Le e-patient sera la vedette de ce Congrès 2018. Il est désormais l'acteur avisé des services médicaux rendus par la santé connecté et les pratiques de télémédecine.

Il faut donc l'écouter !  Accepte-t-il les propositions de téléconsultation (TLC) programmée que lui fera son médecin traitant ? Se tournera-t-il vers des solutions nouvelles d'accès à une TLC mises en place au niveau territorial par les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé lorsqu'il n'a pas (encore) de médecin traitant, au lieu de se rendre aux urgences hospitalières ou d'appeler le 15 ? Percevra-t-il la place nouvelle du pharmacien d'officine pour l'aider à accéder à une TLC lorsque son médecin n'est pas joignable ou qu'il n'a pas de médecin traitant ? Souhaite-t-il être l'évaluateur des nouvelles organisations de la santé connectée, des dispositifs médicaux utilisés pour la surveillance des maladies chroniques ? A toutes ces questions très actuelles, le e-patient doit apporter des réponses qui permettent d'éclairer les professionnels de santé sur la qualité des organisations innovantes à mettre en place.

Une grande première à ce Congrès : la présentation des résultats d'une enquête effectuée auprès 8 000 personnes, adhérents de mutuelles, pour connaître leur vision de la télémédecine et ce qu'ils en attendent.

Ces résultats seront présentés dès l'ouverture du congrès. Ils vont surprendre...tant on y retrouvera le bon sens habituel des français, c'est à dire "le pratico-pratique" qui manque souvent dans les plans nationaux trop jacobins. Ces résultats seront confrontés à ceux de l'enquête réalisée par la mutuelle Interiale en 2015 et dont nous avions commenté sur ce site les principaux enseignements.

Les responsables de plusieurs agences régionales de santé (ARS), c'est à dire les représentants de l'Etat en région, sont invités à réagir "à chaud" aux résultats de cette enquête nationale et à proposer des actions concrètes dans leur région respective : quelle communication engager auprès des populations ? Quelles formations et quel accompagnement assurer aux professionnels de santé ? 

L'année 2018 a été marquée par plusieurs évènements importants touchant au développement de la télémédecine : le lancement du programme expérimental ETAPES pour cinq maladies chroniques (insuffisance cardiaque, insuffisance rénale chronique hémodialysée et transplantée, insuffisance respiratoire chronique appareillée à domicile, diabète de type 1 et 2 insulinorequérant, troubles chroniques du rythme cardiaque appareillés) avec un allègement des cahiers des charges en 2018 par rapport à ceux publiés en 2016 et 2017, la révision du décret de télémédecine de 2010 par un nouveau décret du 14 septembre 2018 supprimant l'obligation de contractualiser avec l'ARS pour les projets de télémédecine utilisant la téléconsultation et la téléexpertise, enfin le remboursement de la téléconsultation à compter du 15 septembre 2018 sur la base de l'accord conventionnel (avenant 6) intervenu en juin 2018 avec les syndicats médicaux libéraux et publié au JO du 10 août 2018. Des représentants de la DGOS, du CNOM et de la SFT commenteront cette année 2018, riche en évènements.

Informer les patients et former les professionnels de santé avec des méthodes pédagogiques nouvelles pour atteindre les objectifs.

Il existe des moyens modernes d'information des patients. Il faut les utiliser. Des spécialistes de l'information médicale aux patients, des Living Lab. pour e-patients, de la pédagogie inversée, etc. interviendront.

Il est également important que les responsables universitaires disent comment ils voient la formation future en télémédecine et en santé connectée des professionnels de santé au cours de leur cursus universitaire. Un doyen de faculté de médecine décrira la stratégie mise en place pour intéresser les étudiants en médecine à la santé connectée et à la télémédecine. La nouvelle approche pédagogique inclue également la formation des patients à leur maladie. L'exemple d'un MOOC dédié aux patients atteints de myélome sera présenté. 

Quels sont les retours du terrain ? Des expériences concrètes sur lesquelles les patients s'exprimeront.

Des témoignages partagés entre professionnels de santé et patients animeront cette session, avec des prises en charge par télémédecine en médecine générale, en rééducation fonctionnelle, en pédiatrie, en psychiatrie et en cardiologie. Les patients s'expriment sur leur vécu vis à vis de ces nouvelles pratiques de soins, sur leur ressenti de la qualité de prise en charge et sur le service médical et social rendu. La SFT, en tant que Société médicale savante, fera connaître à l'occasion de ce congrès 2018, ce qu'elle considère comme des indicateurs de qualité dans les pratiques professionnelles par télémédecine.

A l'ère des Big Data, de la science des algorithmes et de l'IA, comment amener les patients à adhérer à des innovations essentielles pour l'amélioration du diagnostic médical et des choix thérapeutiques ? Comment expliquer la "blackbox" aux patients ?

Nul ne conteste qu'il y a beaucoup de fantasmes autour de l'IA médicale et qu'il devient urgent d'entrer dans le "pratico-pratique" de ses applications pour que les bénéficiaires directs, les patients, soient correctement informés avant de consentir à leur utilisation pour leur propre santé. Un panel de spécialistes français reconnus débattra des aspects éthiques de l'IA et de la garantie humaine de son usage.

La dimension internationale de ce congrès 2018 sera africaine avec le thème de la téléexpertise sud-sud et nord-sud dans les pays du Maghreb et de l'Afrique sub-saharienne.

Les pays d'Afrique manquent cruellement de spécialistes, alors qu'ils ont entamé leur transition épidémiologique vers les maladies chroniques comme le diabète, l'hypertension artérielle et autres maladies cardiovasculaires, le cancer, etc. La prise en charge des patients est souvent trop tardive et la mortalité est élevée, notamment dans les zones rurales. Les africains sont aujourd'hui très connectés, disposent d'au moins un téléphone ou smartphone. La santé mobile peut se développer. Il devient possible d'offrir des plateformes de téléexpertise en mutualisant les ressources spécialisées de plusieurs pays (téléexpertise sud-sud) et de recourir en deuxième avis à des spécialistes européens (téléexpertise nord-sud). Il est toutefois nécessaire de trouver un modèle économique adapté aux ressources des patients africains, en attendant la mise en place de la CMU. Les pratiques de téléexpertise doivent faire partie du panier minimum de soins offert aux africains.

Venez nombreux à ce congrès 2018. Voici le lien pour vous y inscrire et retrouver le programme complet : https://www.sf-telemed.org 

16 novembre 2018